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Souveraineté numérique : Scaleway remplace Microsoft pour l'hébergement des données de santé

Souveraineté numérique : un pas vers l'indépendance technologique Le gouvernement français accélère sa démarche vers la souveraineté numérique en confiant à Scaleway , filiale du groupe français Iliad , l'hébergement de...

23 avr. 2026
Souveraineté numérique : Scaleway remplace Microsoft pour l'hébergement des données de santé

Souveraineté numérique : un pas vers l'indépendance technologique

Le gouvernement français accélère sa démarche vers la souveraineté numérique en confiant à Scaleway, filiale du groupe français Iliad, l'hébergement de sa plateforme Health Data Hub. Cette plateforme, destinée à rassembler des données de santé pour la recherche, était jusqu'à présent sous la dépendance de l'américain Microsoft.

Un choix politique fort

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a exprimé sa satisfaction sur le réseau social X : « La souveraineté numérique en santé franchit une nouvelle étape. Nous faisons le choix d’un cloud souverain pour héberger nos données de santé. Un choix stratégique pour renforcer la sécurité, la confiance et notre indépendance technologique. »

Ce changement fait suite à l'annonce faite au début du mois de février, où le gouvernement a déclaré son intention de mettre fin à l'hébergement de ces données sensibles par Microsoft d'ici la fin de l'année. Cette décision est motivée par la nécessité croissante de s'affranchir des géants américains de la technologie, qui, en vertu des lois américaines, peuvent être contraints de remettre des données détenues dans le monde entier.

Réactions de Scaleway

Damien Lucas, directeur général de Scaleway, a réagi en soulignant l'importance de cette sélection : « Nous sommes fiers d’avoir été retenus à l’issue d’un processus de sélection extrêmement compétitif. C’est aussi un symbole, un signal envoyé à tous les acteurs de la santé et, au-delà, à tous ceux qui se font une certaine idée du cloud : une alternative européenne crédible et compétitive existe. »

Vers une sécurité renforcée

Scaleway a déjà entamé les démarches pour obtenir la qualification SecNumCloud, un label délivré par l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) garantissant la sécurité de l’hébergement et excluant de fait les géants américains de toute ingérence.

Créée en 2019, la plateforme Health Data Hub doit notamment accueillir une copie de l'ensemble des données de santé des Français, détenues par l'Assurance maladie. Son objectif est de devenir une ressource précieuse pour les scientifiques à la recherche de données exhaustives sur le long terme.

Contexte et défis

Le choix initial d'héberger ces données chez Microsoft a été controversé et a freiné le projet depuis son lancement. La Cnil, garante des libertés numériques, n'a jamais donné son accord pour un transfert global de toutes les données de l'Assurance maladie vers la plateforme, en raison des risques d'intrusion des autorités américaines.

  • Les critiques se sont intensifiées ces derniers mois, notamment depuis le début de la deuxième présidence de Donald Trump, marquée par des menaces à l'encontre de plusieurs pays, y compris des alliés historiques comme le Danemark.
  • Le transfert du Health Data Hub vers Scaleway devrait permettre de gérer de manière autonome une copie de la base principale du SNDS (Système National des Données de Santé) d'ici fin 2026 ou début 2027.

Ce changement est considéré comme une étape majeure pour accélérer les projets de recherche et d'innovation s'appuyant sur les données de santé en France et en Europe, selon les dires de la directrice de la plateforme, Hela Ghariani.

Une démarche européenne

Ce développement s'inscrit dans un contexte où les gouvernements européens craignent de plus en plus que leurs services numériques, en particulier ceux liés à la défense, soient affectés par un mécanisme connu sous le nom de kill switch, qui pourrait couper l'accès aux données en cas de tensions avec les États-Unis.

Un rapport du Future of Technology Institute (FOTI) alertait la semaine dernière que plus de trois quarts des pays européens dépendent de services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale.

En réponse à cette situation, l'Union européenne a attribué, mi-avril, un contrat de cloud important à des fournisseurs européens, dans le cadre d'un appel d'offres incluant des critères visant à réduire cette dépendance technologique. Ce contrat, d'une valeur de 180 millions d'euros, a été remporté par l'opérateur public luxembourgeois Post Telecom, en association avec Scaleway, CleverCloud, OVHcloud, ainsi que l'entreprise allemande StackIT et le belge Proximus.

Ce changement vers une infrastructure d'hébergement européenne témoigne d'une volonté croissante de garantir la souveraineté numérique et la sécurité des données sensibles en Europe.

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