Une autonomie sans précédent dans le codage
Boris Cherny n'a pas touché à un clavier depuis novembre 2025. Chaque ligne de code qu'il présente est désormais le fruit de Claude, son IA auto-conçue. Il ne s'agit pas de simples ébauches retouchées. En effet, depuis plus de deux mois, aucune édition manuelle n'est intervenue dans le processus de développement.
Un tournant majeur pour le secteur
Cette avancée ne relève pas d'une simple démonstration de laboratoire. Chez Anthropic, l'un des laboratoires d'intelligence artificielle les plus innovants, les ingénieurs ont abandonné l'écriture manuelle du code qui alimente leurs produits. Dans un post sur X, Boris Cherny a révélé : “J'ai livré 22 pull requests hier et 27 la veille, chacune écrite à 100 % par Claude.”
Fonctionnement de Claude Code
La distinction entre Claude Code et d'autres outils comme GitHub Copilot ou Tabnine est significative. Ces derniers agissent comme des aides au développeur, qui reste aux commandes. En revanche, Claude Code opère à un niveau d'abstraction supérieur, prenant en charge l'intégralité d'un projet. Cela inclut :
- Lecture de l'ensemble du codebase
- Planification des modifications sur plusieurs fichiers
- Exécution des modifications
- Lancement des tests
- Itération sur les échecs
Le développeur définit l'objectif, mais Claude Code s'occupe de l'exécution. Cherny a souligné que pendant que l'IA travaille, il peut se concentrer sur la planification des futures constructions.
Une productivité en hausse
Depuis le lancement de Claude Code en février 2025, la productivité des ingénieurs chez Anthropic a bondi de 150 %, mesurée par les pull requests et corroborée par les commits. Bien que l'équipe ait doublé de taille, la productivité par ingénieur a augmenté de 70 % au-delà de cela. Pour mettre cela en perspective, Cherny, qui était auparavant responsable de la qualité du code chez Meta, souligne qu'un gain de 2 % de productivité représentait un an de travail pour des centaines d'ingénieurs. Vous comprendrez donc que 150 % est un chiffre totalement inédit.
Le 27 décembre 2025, Cherny confirmait déjà : “Au cours des trente derniers jours, 100 % de mes contributions à Claude Code ont été écrites par Claude Code.” Avec 259 pull requests, 497 commits, 40 000 lignes ajoutées et 1,3 million de vues, cette tendance s'est poursuivie en janvier 2026, où il a estimé que pratiquement 100 % du code était aussi généré par l'IA. Cependant, le porte-parole d'Anthropic a précisé que ce chiffre se situait plutôt entre 70 % et 90 %.
Rôle et compétences des ingénieurs
Une question centrale émerge : si Claude écrit 100 % du code, quel est le rôle des ingénieurs ? Chez Anthropic, ceux-ci se concentrent principalement sur :
- L'architecture
- La réflexion sur les produits
- La gestion des agents en parallèle
- La prise de décisions stratégiques
Cherny décrit cette évolution comme une libération : l'IA prend en charge les tâches routinières, lui permettant de se concentrer sur la conception.
Impact sur le recrutement et le marché
Cependant, cette transformation a des répercussions sur les méthodes de recrutement chez Anthropic. Cherny indique que l'équipe privilégie de plus en plus les généralistes, car de nombreuses compétences de programmation traditionnelles deviennent moins pertinentes lorsque l'IA gère les détails d'implémentation. En conséquence, les postes nécessitant une maîtrise technique fine perdent de leur importance.
Les offres d'emploi pour les développeurs débutants ont également diminué en parallèle de l'augmentation du code généré par l'IA, bien que le lien causal ne soit pas encore clairement établi.
Un panorama plus large de l'IA dans le développement
Sur le plan global, l'écosystème ne progresse pas au même rythme. Microsoft estimait en avril 2025 que l'IA générait environ 30 % de son code, tandis que Salesforce affichait un chiffre similaire. Une étude publiée dans la revue Science en janvier 2026 a montré que 29 % des fonctions Python sont désormais écrites par l'IA, avec des gains de productivité de 3,6 % concentrés sur les développeurs expérimentés.
Les défis à relever
Malgré ces avancées, des défis persistent. Une fuite accidentelle en mars 2026 a révélé des lignes de code de Claude Code, exposant certains problèmes, comme un bug connu qui générait 250 000 appels API par jour. Cela soulève des questions sur la vitesse de développement d'un côté et la dette technique de l'autre.
Les données d'Anthropic montrent également que les utilisateurs accordent davantage d'autonomie à Claude Code avec l'expérience. Par exemple, les nouveaux utilisateurs activent le mode d'approbation automatique totale dans 20 % des cas, tandis qu'après 750 sessions, ce chiffre dépasse 40 %. Cela illustre une accumulation progressive de confiance dans l'IA, bien qu'elle ne se fasse jamais sans quelques frictions.
Conclusion
Claude Code représente déjà 4 % des commits publics de code dans le monde, un chiffre modeste qui était nul il y a un an, mais que Cherny anticipe à 20 % d'ici fin 2026. Ce qui se passe chez Anthropic aujourd'hui n'est pas le futur du développement logiciel, mais son présent le plus avancé, avec toutes les contradictions que cela implique : une productivité inédite et du code qui, parfois, ne correspond pas aux standards habituels de qualité.
Sources : x.com | waydev.co