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"Donald Trump s'en prend à la science à tous les niveaux"

Résumé de l’article Plus de deux milliards de dollars pour Harvard gelés, près de neuf milliards qui devaient aller à une dizaine d'autres institutions également: ce genre de décisions de l'administration américaine, dep...

29 avr. 2026
"Donald Trump s'en prend à la science à tous les niveaux"

Résumé de l’article Plus de deux milliards de dollars pour Harvard gelés, près de neuf milliards qui devaient aller à une dizaine d'autres institutions également: ce genre de décisions de l'administration américaine, depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, créent un nouveau statut, celui de "réfugiés scientifiques". L'an dernier, un sondage de la revue Nature montrait que 75% des chercheuses et chercheurs pensaient à quitter les Etats-Unis en raison de ces politiques. >> Lire : "Aux USA, je n'aurais pas pu étudier dans un milieu académique libre": pourquoi la Suisse attire les étudiants américains Il n'existe pas de chiffres précis quantifiant exactement combien ont franchi le pas depuis janvier 2025 mais, parmi ces personnes, il y a des grands noms de la recherche et des témoignages forts, dont celui de Camille Parmesan. L'écologue texane a été l'une des premières à révéler les effets du changement climatique sur la faune, dans les années 1990. A l'époque, elle suivait un petit papillon baptisé "le damier d'Edith", du Mexique au Canada, et a constaté au fil du temps que l'espèce entière se déplaçait vers le nord ou en altitude. Son article publié dans la revue Nature a fait date et figure parmi les plus cités dans le domaine. Aujourd'hui, ce n’est pas uniquement pour cette avancée, ou pour sa contribution aux rapports du GIEC que cette biologiste est connue, mais aussi pour son statut de "réfugiée scientifique", en Europe, comme elle se définit. "Le chemin a été long... J'ai l'impression d'avoir dû déménager plus d'une fois pour pouvoir exercer mon métier. J'étais professeure à l'Université du Texas, à Austin; mon département était très traditionnel et tenait absolument à ce que je me consacre exclusivement à l'écologie, à l'évolution et au comportement, au sens strict du terme", note-t-elle au micro de Tout un monde: "Il considérait que le travail que j'effectuais avec des ONG comme le WWF ou avec le GIEC constituait une distraction par rapport à mon 'véritable' travail. Que j'agissais davantage comme une politicienne ou une militante que comme une scientifique". Des collègues ont été empêchés de publier un article parce qu'il contenait les mots 'changement climatique' Rencontrée à Lausanne, Camille Parmesan souligne: "Quand j'ai essayé d'expliquer que je n'élaborais pas de politiques, mais que je conseillais les décideurs politiques en m'appuyant sur les données scientifiques les plus fiables, ça n'a quand même pas été très bien accueilli, alors j'ai déménagé en Angleterre". >> Lire : Des contraintes inédites sur la liberté des universités aux Etats-Unis La climatologue y travaille quelques années, puis c'est le Brexit et un énorme coup dur pour le monde universitaire et la recherche. Elle cherche alors à revenir dans son pays mais, dès son premier mandat déjà, Donald Trump s'en prend aux initiatives liées au changement climatique au sein des agences gouvernementales: "Des collègues ont été empêchés de publier un article parce qu'il contenait les mots 'changement climatique'. On leur a interdit de parler aux médias. J'ai donc écarté les États-Unis". >> Lire : Quand Donald Trump réécrit le dictionnaire: les mots comme arme politique Ne voulant pas rester en Grande-Bretagne, la chercheuse se tourne vers le Canada. C'est alors que Donald Trump retire son pays de l'Accord de Paris et que "le président Macron annonce son programme 'Make Our Planet Great Again'. En gros, les climatologues américains sont les bienvenus en France. J'ai simplement levé la main et j'ai dit: 'Oui, moi, s'il vous plaît'". >> Lire : Le futur rapport du GIEC, prévu pour 2029, fait déjà l'objet d'un bras de fer géopolitique intense Camille Parmesan a ainsi pris la tête de la Station d’écologie théorique et expérimentale du CNRS, en Ariège, au cœur des Pyrénées. A 65 ans, elle vient tout juste de passer la main et n'envisage pas de retour définitif dans son pays: elle préfère reprendre son travail de terrain, que ce soit en France, en Espagne ou en Californie. Pour la chercheuse, pas question de rentrer aux Etats-Unis dans le contexte actuel: "Maintenant on a Trump 2 qui est comme Trump 1 sous stéroïdes: cent fois pire que ce qu'il faisait la première fois. Ce qu'il faisait alors, au sein des administrations publiques, s'applique désormais à toutes les universités. Il s'en prend à la science à tous les niveaux". Enfin, elle semble avoir trouvé "sa place, son refuge professionnel", dit-elle: "J'ai été bien accueillie en France, du local au national. Je n'avais jamais connu ça auparavant. C'est tout simplement formidable d'avoir été tout de suite associée au travail des décideurs politiques". Sa rencontre avec le président français Emmanuel Macron à un dîner scientifique l'a encouragée: "Il a vraiment demandé aux scientifiques: 'Selon vous, quel est le plus grave problème en matière de biodiversité et d'écologie en France et dans le monde?' Pouvoir avoir ces échanges à un niveau élevé, c'est vraiment génial, parce que c'est exactement ce que je souhaite faire". >> Lire : Et si la Suisse offrait l'asile scientifique aux cerveaux américains? Sujet radio: Julie Rausis Article web: Stéphanie Jaquet Les coupes dans la recherche scientifique pourraient coûter très cher aux Etats-Unis: mille milliards de dollars sur dix ans, selon une récente étude d'un groupe de réflexion indépendant basé à Washington. La grande puissance risque également de se retrouver à la traîne par rapport à la Chine. >> Lire : Podcast - Pourquoi la science est-elle autant attaquée aux Etats-Unis? L'Union européenne met aussi les bouchées doubles, en investissant un demi-milliard d'euros pour attirer des scientifiques de l'étranger. Mais cette réponse devra être bien coordonnée, avertit Camille Parmesan: "Il est important pour l'Europe de repenser sa stratégie de recherche et sa planification. Elle doit commencer à intégrer certains domaines dont elle pensait que les Etats-Unis s'occupaient bien". Donald Trump a limogé vendredi les membres du conseil d'administration de l'organisme chargé de superviser le financement de la recherche scientifique aux États-Unis, apprend-on par un article du New York Times. Ces limogeages au sein de ce conseil indépendant, le National Science Board, chargé de contrôler la Fondation nationale pour la science (NSF), constituent "la dernière attaque en date du président contre les organismes de recherche scientifique", précise le quotidien. Créée en 1950, la NSF finance des recherches scientifiques allant de l'informatique quantique à la microbiologie; elle subit des pressions depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. L'institution a déjà perdu un tiers de sa force de travail suite à des licenciements ou des mises à la retraite forcée. >> Lire : Mobilisation mondiale des scientifiques face aux attaques américaines contre la recherche Donald Trump réclame au Congrès une colossale enveloppe de 1500 milliards pour la Défense Monde le 3 avril 2026 "1984" de George Orwell, un manuel pour décrypter les crises politiques actuelles? Monde le 21 mars 2026 Les implications de la nomination d'un proche d'Elon Musk à la tête de la NASA Sciences-Tech. le 8 novembre 2025 L'administration de Donald Trump pèse aussi sur la surveillance mondiale des pandémies Monde le 2 mars 2025

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